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Notice d'entretien des trompes SURREL
février 2010
Votre trompe a été fabriquée entièrement à la main dans le plus grand respect des techniques traditionnelles (forge, planage au maillet, véritable martelage à la main), ceci afin de lui assurer entre autre les plus grandes chances de longévité. Le pavillon notamment est fini par martelage manuel, sans aucun ponçage, il est à peine poli.
Car il est patent que les trompes finies de façon manuelles et traditionnelles se conservent nettement plus longtemps que celles fabriquées par des procédés industriels qui malmènent le métal (évasivement mécanique ou hydraulique, étirage des tubes, décolletage émerisage du pavillon etc.). Une trompe bien entretenue se transmet de génération en génération.
Mais il faut respecter les règles élémentaires de conservation et d’entretien : astiquez votre trompe le plus souvent possible. L’idée que l’astiquage use les trompes (idée répandue) est complètement fausse. D’abord vous verriez des particules jaunes sur votre coton ou chiffon, ce qui n’est pas le cas. La couche d’oxyde (qui rend le métal terne) mesure 50 Angströms soit 50 millionième de mm. Sachant que la tôle mesure 0,3 mm (pour les plus légères) il faudra donc pour amputer le métal du tiers de son épaisseur (soit 0,1 mm) : 5 millions d’astiquages, soit un astiquage tous les jours pendant 13 888 années...
Par contre quand on laisse l’oxydation agir, sans l'éliminer aussitôt, elle finit par perçer très vite le métal. Parfois une trompe, au bout de trois ou quatre ans de mauvais entretien sans astiquage régulier, commence de se perçer et de n’être plus étanche... On a donc tout intérêt à ne jamais laisser prise à cette oxydation et à astiquer le plus souvent possible.
Conservation :
Ne laissez jamais séjourner votre trompe dans son étui, même ouvert surtout si elle est humide. L’étui ne doit servir qu’au transport. C’est l’humidité qui favorise les phénomènes d’oxydation. A l’extrême le métal oxydé en profondeur finit pas se percer ou se fissurer. Le mieux est de laisser votre trompe accrochée au mur dans un endroit sec et ventilé. Evitez l'humidité et les sources de chaleur importante qui accélérent le processus d’oxydation. Vider votre trompe de la salive après l'avoir laissée environ 15 mn au repos.
Précautions :
Evitez les chocs violents et répétés. Une trompe peut supporter plusieurs cycles de débosselage mais à l'usage il s'ensuit une fatigue mécanique du métal qui conduit à des fissures, trous, déchirements divers. Les petites bosses ne sont pas graves et ne modifient pas le son, mais il faut éviter les contraintes mécaniques trop fortes.
Astiquage extérieur :
L’astiquage régulier permet d’éviter ou de reculer l’oxydation du métal. Lorsque la trompe devient terne (c’est une oxydation superficielle), il faut penser à l’astiquer. Les pâtes ou les produits liquides posés sur un coton conviennent, mais évitez de faire couler le produit entre les tubes (vous ne pourrez pas l’éliminer).
Nous recommandons Miror formule cuivre ; poser le sur un coton, frottez en insistant sur les tâches , puis lustrez très soigneusement avec un chiffon très propre ou mieux, du coton à lustrer pour automobile. Surtout ne rincez pas à l’eau comme il est spécifié sur le bidon ! Banissez tous les produits qui nécessitent un rinçage à l’eau, vous ne pourrez pas éliminer l’eau qui s’infiltre entre les tubes, celle-ci jouera alors le rôle d’un electrolyte entre le métal et la surface oxydée et accélérera la destruction des parrois non visibles du métal. Non seulement ces produits n’égalent pas la brillance donnée par le miror, mais ils créent parfois des auréoles mats sur le métal qu’il sera difficile de résorber même par l’artisan.
La période critique est l’été ; la sueur et la chaleur font des dégâts rapides et considérables sur le métal, c’est là qu’il faut astiquer au maximum (ou prendre un gant pour éviter toute oxydation).
Nettoyage intérieur :
Certains sonneurs attendent que leur trompe soit bouchée pour la nettoyer (trompe dure à sonner, compression trop forte, volume sonore faible). Notre point de vue est qu'il faut toujours garder la compression réglée au moment du choix de l'embouchure et de la trompe. Nous conseillons donc de nettoyer la branche d'embouchure une fois par mois (si vous sonnez tous les jours), au minimum deux fois par an.
Il vous suffit d’envoyer de l’eau, chaude de préférence, par le logement d'embouchure (surtout pas par le pavillon car vous risquer alors de colmater des impuretés au niveau du grain) pour décoller-pousser le tapissage qui fait bouchon et qui va s'évacuer par le pavillon. Pour ce faire démonter la pomme d'aspersion de votre douche et présenter ainsi le tuyau devant le logement d'embouchure. Vous pouvez aussi utiliser un tuyau d'arrosage de jardin. C’est le seul effet mécanique de ce culotage qui obstrue légèrement le tube d’embouchure dans les 10 premiers centimètres qui rend la trompe dure à sonner. Une fois éliminé, la trompe retrouve sa souplesse, le volume sonore est plus fort, la compression chute, le timbre aussi est modifié.
N’utilisez aucun autre produit qui risquerait d’attaquer le métal. Si le nettoyage ne change rien, c’est qu’il y a une fuite d’étanchéité dans le circuit des tubes. Confiez alors votre trompe à l’artisan qui fera un contrôle d’étanchéité général. Le décapage des parois internes des tubes ne sert à rien du point de vue de la facilité à sonner. En décapant les parois vous allez mettre le métal à nu et donc favoriser son oxydation. D’origine les tubes étant recouverts à l’intérieur d’une couche protectrice il convient de ne pas l’endommager. Exceptionnellement l'usage d'un écouvillon doux peut se concevoir (bouchon durci plusieurs années). L’adjonction de produit tel que lait, soude, ou autre annule la garantie. Nous la proscrivons formellement.
Noir du pavillon :
Le noir est un véritable bronzage comme pour les armes et non pas une vulgaire peinture comme sur les trompes industrielles. C’est un noir d’usure que la patine du temps saura embellir. Ne passer aucun produit sur ce noir : il doit rester mat et ne pas briller. Si vous y tenez, vous pouvez le laver avec une éponge humide avec quelque gouttes de produit à vaisselle. Mais plus vous interviendrez, plus il risque de s'effaçer vite. Les bronzages sur métaux non ferreux sont infiniment moins solides que sur les aciers.
Si vous tenez à astiquer le rabat de la guirlande à l’intérieur du pavillon, soyez prudent et n’étaler votre produit que sur ce rabat en évitant qu’il coule sur le noir, car sinon celà va attaquer la couche de bronzage qui disparaitra vite. Mettez peu de produit et ne frottez que le rabat.
Soudures :
Les soudures, blanches (de l'argent) ou jaunes, sont visibles sous forme de petites taches (tubes), encoches (pavillon), surtout sur le cuivre rouge et d'autant plus que la trompe n'est pas astiquée. Ceci est normal ; celà prouve que vos tubes sont soudés à la main dans un métal fin et non fabriqués dans un métal épais sur une machine. L'excès en apport d'argent vous garantit une meilleure étanchéité. Nous pourrions les rendre moins visible en ponçant le métal mais celà nuirait à l'épaisseur du métal et à sa longévité, nous nous l'interdisons. En astiquant votre trompe, elles deviennent invisibles. A partir de la trompe n° 314, (novembre 2008), la soudure devient jaune et se voit moins.
A l'intérieur du pavillon, sous le bronzage, vous constatererez un renflement plus ou moins prononçé des deux zônes de soudure. Ce renflement résulte du martelage de finition (avant martelage il n'y en a aucun) ; c'est volontairement que nous ne ponçons pas cette soudure pour ne pas l'affaiblir. L'aspect de ces soudures sont typiques du travail fait main et d'un métal fin.
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