Le cœur

Les trompes Surrel

Il y a tellement de modèles de trompe aujourd'hui qu'il est impossible de s'y retrouver.

Les facteurs prétendent tous faire leurs modèles de façon artisanale, ce qui ne veut pas dire grand chose. En réalité la quasi totalité des trompes actuelles sont finies mécaniquement, même les légères. Heureusement pour vous, dans mon petit coin de Bourgogne, je continue à fabriquer les trompes entièrement à la main, et je perpétue la méthode inégalable de finition du pavillon par un méticuleux martelage. 

METHODE DE TRAVAIL : ancestrale

Des outils manuels, des maillets, des marteaux. Tout est fabriqué dans l'atelier. Aucune pièce n'est sous-traitée.

Je travaille seul, et ne fabrique que des trompes légères.

  1. Entièrement ébauchées et finies au marteau comme au XVIIIè siècle.

  2. Tout est fait à la main, à partir d'une fine feuille de métal.

  3. Les tubes sont soudés à l'argent sur toute leur longueur, et planés à la main.

  4. Le pavillon est forgé, soudé, plané au maillet et fini par un méticuleux martelage et présenté tel quel.

  5. Le cintrage se fait à l'ancienne, avec une résine naturelle qui laisse un dépôt protecteur à l'intérieur des tubes

  6. Chaque trompe est datée et numérotée.

  7. Il ne sort que quelques trompes par an (environ 60 heures par trompe)

PRODUCTION ANNUELLE : très faible

Avec une telle méthode, et parce que les autres activité (réparation, embouchures, accueil et conseil aux sonneurs, expositions) il ne sort qu’une quinzaine de trompes par an (environ 70 heures de travail par une trompe martelée dont 9 heures pour le seul martelage de finition). Cette production si faible fera que la rareté constituera dans l'avenir un élément certain de valorisation.

DES TROMPES : faciles à jouer, légères

Faciles à jouer, en premier lieu grâce à la judicieuse répartition des conicités des tubes car c’est le facteur primordial. Le grain du tube d’embouchure, les diamètres des tubes intermédiaires et enfin la perce du pavillon ont été optimisés pour obtenir un compromis idéal. Vous n’aurez aucun mal à maitriser tous les registres, graves, médium ou aigus.

Vous choisirez que vous soyez débutant ou confirmé, parmi trois instruments celui dans lequel vous êtes le plus à l'aise car il existe toujours de petites différences d'une trompe à l'autre. Ensuite vous ajusterez éventuellement votre compression par le choix de votre embouchure. Si vous êtes débutant et que vous avez peur de ne savoir choisir, je vous guiderai.

En second lieu, l'épaisseur du métal, et par conséquent le poids de la trompe, joue aussi un rôle, moins grand cependant, pour sonner l'instrument sans efforts. J’ai ajusté l'épaisseur au minimum possible tout en gardant une solidité suffisante. Mes trompes pèsent de 760 à 810 grammes, mais sont d'une haute résistance mécanique grâce au métal (bronze) et au martelage. Rappelons que la facilité à jouer de l'instrument n'est pas liée à l'alliage utilisé (bronze, cuivre ou laiton), mais essentiellement à la perce (les dimensions, diamètre et conicité des tubes, forme du pavillon, etc.) et au bon état de votre instrument ! Les trompes dont la branche d'embouchure n'a pas été nettoyée depuis longtemps, de même que les trompes qui présentent un défaut d'étanchéité (fissures sur les tubes) sont systématiquement dures à sonner.

TIMBRE : riche, brillant

A l'opposé de tous les pavillons coniques actuels (forme d'entonnoir) qui donnent un timbre médium grave et souvent pauvre et sourd, le galbe plus évasé de mon pavillon (héritier des formes du XVIIIè siècle et du grand facteur Raoux) fera chanter votre trompe dans le haut du spectre et magnifiera votre timbre. Même si ce dernier reste majoritairement dépendant de vos lèvres, vous l'enrichirez davantage en choisissant un modèle en bronze dont la rondeur et la richesse harmonique sont souvent préférées (tests à l'aveugle).

LE MARTELAGE : solidité du pavillon

Abandonné de tous les facteurs actuels, je continue à finir mon pavillon au marteau ; la finition par martelage est supérieure à toute autre : elle rend le métal plus dure (elle l'écrouit), plus résistant aux chocs, elle le polit sans enlèvement de matière. Elle agit aussi sur le timbre et favorise la richesse en aigus. Le martelage d'une feuille aussi fine nécessite une main experte. Les pavillons non martelés sont mous, fragiles (usinés au tour à décolleter et très minces à certains endroits), et donnent un son plus pauvre, voire sourd.

Actuellement le martelage, que je tend à faire de plus en plus serré et le plus régulier possible, nécessite six heures de travail effectif sans interruption à une cadence de 150 coups à la minutes, ce qui représente environ 52 350 coups de marteau !

FINITION MARTELÉE : beauté du fait main

Je présente mes trompes en finition martelée depuis septembre 1995. C'est une véritable signature d'artisan, une patte inimitable, une innovation et un véritable succès. Les légers coups de marteau apparents, d'une belle esthétique, sont la preuve que le pavillon a été martelé dans les règles de l'art. C'est une fierté, il faut le montrer. Vous pouvez néanmoins aussi choisir une finition lisse.

LES TENONS : forgés

Les pattes en métal qui maintienne le pavillon et la branche d'embouchure ne sont pas des pièces de série. Les tenons sont forgés à l'unité et finis à la lime et au papier émeri. Le sous-tenon du pavillon est un cœur, c’est la forme la plus élégante et la plus esthétique. Il remplace depuis mars 2013 (trompe n° 361) le sanglier.

NOIRE du PAVILLON : véritable bronzage

Le noir à l'intérieur du pavillon : c'est un véritable bronzage comme pour les armes, qui prend une véritable patine avec le temps (et non une vulgaire peinture qui s'écaille au premier choc !). Il est stable à haute température et permettra de monter-démonter les tenons sans l'altérer.

LE METAL : du Bronze !

J'ai sélectionné des alliages de première qualité. Les modèles en bronze, que j'ai créés en mars 1993, sont les plus beaux ; ce métal n'avait jamais été utilisé pour les trompes, tellement il est difficile à forger et à mettre en forme. La résistance mécanique est très supérieure aux autres modèles (à épaisseur égale) ce qui fait que la trompe en bronze est beaucoup moins sensible aux petits chocs. Pour la longévité, le bronze (ou le cuivre) s'avère imbattable : depuis 1993 aucun phénomène d'oxydation n'a été constaté, ni sur la tube d'embouchure (le plus sujet à l'oxydation à cause de certaines salives très agressives) ni sur le reste de la trompe ; c'est un avantage important. Le timbre des bronzes est souvent préféré pour sa brillance (tests à l'aveugle).


Le laiton est un alliage ordinaire qui s’est imposé depuis toujours dans la fabrication des trompes sans doute pour sa couleur jaune, pour son coût bien moindre (adjonction de zinc) mais essentiellement parce qu’il est plus malléable et facile à travailler. Les industriels ont même pu, dès la fin du XIXè siècle, y ajouter du plomb pour le rendre encore plus mou et le repousser rapidement sur des tours. Ce sont les seules raisons : moins cher et plus facile à fabriquer, il s’est imposé dans la production de masse.  Le laiton est donc moins qualitatif, sa longévité dépendra de votre entretien et de l’agressivité de votre salive.

Le bronze à l’inverse fait partie des trois métaux dits nobles  (or, argent, bronze). Des trois il est le champion incontesté de la qualité sonore. Sa couleur vieil or est superbe.

Les bronzes : ont un timbre plus brillant (aigu) pavillon et tubes très résistants aux chocs. Grande résistance à l'oxydation, plus grande longévité.


Les cuivres : ont un timbre nettement plus mat (grave), plus boisé, pavillon résistant, tubes moins résistants, sensibles aux chocs.

Les cuivres prennent vite une couleur brune si on ne les astique pas mais elle ne sont pas sujette à la piqûre comme les laiton.

Grande longévité. (Sur commande uniquement).


Les laitons : ont un timbre assez brillant mais moins riche que les bronzes, pavillon et tubes résistants. C'est un compromis.

Les laitons sont sensibles à l'oxydation du cuivre et du zinc qui le composent ce qui se  traduit parfois, selon l'entretien et l'agressivité de la salive, par de la piqûre rouge et blanche (dézincification). La longévité est moins grande surtout pour le tube d'embouchure. 

AUTHENTIFICATION DE VOTRE TROMPE :

Le noms du facteur, l'adresse, la date, le modèle et le numéro de fabrication sont gravées sur la guirlande. A l'achat je vous délivre un certificat d'authentification comportant une photo du marquage, ce qui vous permettra de vous justifier en cas de besoin.

Je suis le seul à porter des informations si complètes. Elles permettent d'authentifier et dater la trompe de façon indiscutable. Elles sont frappées lettre à lettre sur la guirlande comme s’en était l’usage au XVIIIè siècle. Cette marque ne s'effacera pas alors que tous les marquages modernes, qui ne portent que le seul nom du fabricant, sont souvent illisibles et s'effacent au premier polissage.

En complément depuis 2010, je signe sur le métal au feutre, à l'intérieur de la guirlande.


SUIVI DE VOTRE TROMPE :

Je garde pour chaque trompe, des photos sous tous les angles, une fiche descriptive comportant de nombreuses rubriques (toutes les cotes de l'instrument, poids, longueur, métaux utilisés, mon test sonore, etc. soit 90 rubriques en tout). Bref votre trompe n'est pas anonyme. La trompe est ainsi suivie tout au long de sa vie et les éventuelles interventions ultérieures faites à l’atelier sont notées. Ce suivi est essentiel et permet de suivre l’évolution permanente des trompes dans le temps. Il vous est remis pour l’achat de chaque trompe une fiche technique condensée et une notice d’entretien.


COMMENT CHOISIR VOTRE TROMPE :

Le choix est très important ; la plupart des sonneurs qui viennent à l'atelier gardent leur trompe à vie et ne s'en sépareraient pour rien au monde. Il faut donc prendre du temps pour bien la choisir. Une des philosophies de la maison est de faire abstraction des idées reçues ; ceux qui fréquentent l'atelier le savent, je leur bande d'abord les yeux pour qu'il choisissent parmi trois trompes. Mais il faut aussi dans un deuxième temps ouvrir les yeux et laisser exprimer votre subjectivité. Pour affiner le réglage de votre compression et vous sentir parfaitement à l'aise, il vous faudra peut être aussi choisir une embouchure adaptée.

Je fabrique moi-même les embouchures et je saurais vous conseiller.

Je vous propose par conséquent de prendre rendez-vous et de venir essayer, c'est la seule méthode pour choisir correctement. N'ayez pas peur de venir, même si vous ne savez faire que deux ou trois notes, que vous débutez, ou que vous n'envisagez pas encore d'acheter. Je suis là pour vous guider et vous conseiller.

L’atelier ne se visite pas

Forge du pavillon

Trompe martelée

Pavillon Surrel

Pavillon conique

Le martelage de finition,

6 heures de martelage sans interruption : 52 350 coups de marteau

Le martelage de finition, environ cinquante mille coups de marteau

Tenon d’embouchure forgé

Le sanglier gravé

(disparait en mars 2013 (trompe 361)

Bronzage du pavillon

Bronze

Cuivre

Laiton

De gauche à droite, cuivre, laiton, bronze

Marquage sur la guirlande à la lettre à frapper

(marquage traditionnel du XVIIIè siècle)

Marquage au feutre

(face cachée de la guirlande)

V1 mai 2013